Arcticapolis 2018-05-02T22:21:44+00:00

Selon Laurence Smith “by mid-century (…) the world (…) will have titled its political and economic axes radically to the north” (The New North – the world in 2050, 2010). Quoiqu’il advienne, 4 questions clés d’intérêt global sont d’ores et déjà identifiées en Arctique: la croissance démographique et les migrations, la demande de ressources naturelles, le changement climatique et la mondialisation. Il y a trois ans, les Nations Unies posaient la question en ces termes: «La croissance rapide de la population de l’Arctique … et sa concentration croissante dans les agglomérations urbaines a des implications importantes pour les écosystèmes fragiles du Nord. Les pressions de l’urbanisation dans l’Arctique sont comparables à celles d’ailleurs, mais sont amplifiés par les défis du climat et de l’éloignement » (GEO-3: chap. Urban growth in the Arctic, 2012).

De fait, les régions circumpolaires connaissent une normalisation via la mondialisation. Les légendaires Passage du Nord-Ouest et du Nord-Est deviennent de nouvelles routes commerciales capables de réduire le temps et le coût du transit de marchandises entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Le changement climatique (CC) constitue l’un des principaux facteurs de ce changement global transformant fondamentalement la zone boréale : ses écosystèmes, ses gouvernements, ses économies, son peuplement et ses cultures. En outre, le GEIC (2007) prévoit une accélération de ces transformations au cours du prochain siècle du fait que le réchauffement sous ces latitudes devrait être au moins 2-3 fois plus élevé qu’ailleurs. Les réponses directes (tempêtes, élévation du niveau de la mer, fonte du pergélisol…) auront des répercussions écologiques et sociétales plus grandes. Ainsi, le CC doit être replacé dans le cadre du développement économique (urbanisation, extraction des ressources) qui le renforcera dans une boucle de rétroaction positive.

Pourtant, on dispose de peu de connaissances sur l’urbanisation en cours en Arctique. Dans quelle mesure le Nord, hier une frontière pour l’économie de marché, aujourd’hui sa périphérie, peut devenir demain une nouvelle région centrale ? En dépit de cette question brûlante et émergente, cet objet est rarement représenté dans la recherche nationale et internationale. Par conséquent, le sujet est original avec un fort potentiel.

Ce projet vise à créer, analyser et diffuser une base de données sur le peuplement et sa dynamique en particulier les migrations et le processus d’urbanisation dans les régions boréales afin de discuter des concepts de vulnérabilité et durabilité dans un environnement extrême soumis à la mondialisation. En effet, les Pôles URbains (PUR) seront plus nombreux et plus peuplés (ex : des ports pourraient apparaître en réponse à l’augmentation de la navigation commerciale et touristique). Les PUR jouent un rôle clé dans ce développement attirant des populations souvent non-polaires. L’identité polaire de ces néo résidents est d’une grande importance tant pour les autorités locales que pour le développement durable.

L’originalité du sujet est renforcée par l’originalité des méthodes avec des sorties importantes. Cinq lots de travaux se complètent, fournissant une analyse multi-niveaux avec approches méthodologiques des approches essentiellement quantitatives de couplage (vue de dessus: SIG, analyse spatiale, télédétection) avec une approche qualitative basée sur la perception individuelle (vue de dessous: enquêtes sur le terrain avec entrevue en profondeur). Le projet comprend deux réflexions transversales sur la ville durable et la mobilité et de l’identité.

Loin de chercher un modèle uniforme, l’approche comparative conduit le projet en questionnant la notion de déterminisme. A la fin, le projet permettra de présenter la complexité des modèles géographiques de développement dans le Nord et de fournir une grille de lecture de la durabilité et de la vulnérabilité des communautés et des territoires du Nord.

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